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Donation de parts d’une SCI : marche à suivre

Donation de parts d’une SCI: la procédure

La SCI (Société Civile Immobilière) est une société civile qui a pour objet un bien immobilier, et qui est régie par les articles 1845 et suivants du Code civil.

Il s’agit d’une structure juridique offrant un régime intéressant pour ceux qui possèdent un même bien, en facilitant sa gestion et son entretien. Celle-ci ne peut être envisagée que lorsque au moins deux personnes, propriétaires d’un même bien, s’associent. Cette structure est particulièrement intéressante si le bien a un grand nombre de propriétaire, ou s’il est en location. Effectivement, le régime de la SCI permet la nomination d’un gérant qui dispose de droits de décisions pour l’entretien du bien. Elle permet aussi de simplifier les modalités de redistribution des revenus : les dividendes sont répartis en fonction des parts de chaque associé dans le capital de la société. Mais surtout, cette structure permet d’optimiser la transmission de votre patrimoine. En effet, la donation de vos parts de SCI permet transférer votre patrimoine en limitants les inconvénients fiscaux, cette opération étant conçue pour diminuer le tarif fiscal. 

Comment donner des parts de SCI ?

Dans le cadre d’une SCI, ce ne sont pas les personnes physiques qui sont propriétaires du bien immobilier, mais bien la société. Les associés de celle-ci possèdent alors des parts de la société, permettant la distribution des dividendes ainsi que la possibilité de prendre part à la gestion du bien. Dès lors, si un associé décède, ses parts seront transmises à ses héritiers. 

Mais il peut aussi, pour optimiser la transmission du patrimoine, préférer réaliser une donation, c’est-à-dire une cession à titre gratuit des parts détenus par l’associé de son vivant. Cela peut s’avérer particulièrement intéressant, car la SCI possède un régime fiscal avantageux. En effet, si l’imposition est la même en matière de succession et de donation des parts de la société, cette dernière solution présente certains avantages fiscaux. Par exemple, l’emprunt souscrit par une SCI est déductible des droits de donations, et les parts peuvent facilement être l’objet de donations successives.  

Dans un souci de mieux optimiser cette succession, le donateur peut donner la nue-propriété de ses parts. Celles-ci deviennent la propriété des bénéficiaires, tandis que les associés possèdent un usufruit, l’usufruit désignant alors la jouissance des parts de SCI : il pourra percevoir des dividendes. Pour que cela soit possible, il faut que les statuts de la SCI en mentionne la possibilité, sinon, il faudra que l’acte soit obligatoirement validé par les autres associés. Une telle donation est des plus courante lorsqu’elle se fait au bénéfice des enfants et des autres associés, mais cela peut parfaitement être réalisé au profit du conjoint.

A qui peut-on donner des parts de SCI ?

Les bénéficiaires d’une donation des parts de SCI sont souvent les enfants ou le conjoint.

La loi incite à une donation aux enfants, les parents associés ayant alors la possibilité d’opter entre différentes techniques. 

Tout d’abord, la donation simple, où dans ce cas, la valeur des parts sociales de la SCI est évaluée à l’ouverture de la succession de l’associé décédé.

Mais il y a aussi la donation-partage, qui permet de donner ou de partager tout (ou une partie) du patrimoine aux bénéficiaires, étant entendu que les biens à venir y étant exclus. Au décès de l’associé, la valeur des biens transmis ne sera pas prise en compte lors de la détermination des droits de chacun dans le partage.

Mais s’il y a une donation possible pour les enfants, cela est tout à fait réalisable au profit du conjoint (sauf si interdiction des statuts). Le donateur a alors le choix entre deux techniques. 

Tout d’abord, la donation au dernier vivant (ou entre époux). Cela est possible quel que soit le régime matrimonial, mais interdit aux simples concubins ou partenaires pacsés. Cette donation est d’une grande importante car portant sur les biens présents et futurs. Evidemment, pour que la validité de l’acte ne puisse être contestée, il est important que le donateur réponde à un consentement libre et éclairé, ainsi qu’à la possibilité de contracter. Cette donation peut être révoquée.

Il existe néanmoins une autre technique : la donation entre vifs. Il est possible de créer une SCI et de transférer ses parts au conjoint. Cette donation est irrévocable, même s’il survient un divorce. 

Les avantages et inconvénients d’un tel acte

La donation de parts de SCI constitue une façon d’optimiser la transmission de votre patrimoine. C’est pour cette raison que cette opération dispose d’un régime fiscal avantageux. En effet, la mise en place de la donation permet de bénéficier d’un abattement fiscal, qui sera lié au degré de parenté entre l’associé et le bénéficiaire. 

  • Enfant ou ascendant : 100 000 € ;
  • Petit-enfant : 31 865 € ;
  • Arrière-petit-enfant : 5 310 € ;
  • Frère ou sœur : 15 932 € ;
  • Neveu ou nièce : 7 967 € ;
  • Conjoint : 80 724 € ;
  • Partenaire de PACS : 80 724 € ;
  • Personne handicapée : 159 325 € (abattement cumulable avec les autres montants).

De plus, sur un autre plan, la SCI présente un certain nombre d’avantages comparé à l’indivision, notamment en ce qui concerne la nomination et les pouvoirs du gérant, et pour les prises de décisions. 

Mais la donation de parts de SCI répond aussi à des exigences particulières, dont le non-respect entraînera des sanctions. C’est notamment le cas pour une donation déguisée en SCI. Celle-ci consiste à vendre ses parts à un prix dérisoire (ou sans encaisser le prix), à transférer ses parts alors que le bénéficiaire a versé un apport fictif et à vendre des parts en réservant l’usufruit. Le bénéficiaire risque alors d’être condamné à indemniser les héritiers réservataires. De plus, un des autres inconvénients de la donation de parts de SCI est qu’elle ne porte que sur la transmission de parts d’une société dont l’objet est uniquement immobilier.

Enfin, un des grands inconvénients de la donation de parts de SCI nous vient de la définition légale de la donation. En effet, celle-ci est comprise par l’article 894 du Code civil comme étant un « acte par lequel le donateur se dépouille actuellement et irrévocablement de la chose donnée en faveur du donataire qui l’accepte ». Ainsi, une donation est immédiate et irrévocable (sauf exceptions), il s’agit alors de prendre une décision particulièrement importante, de façon réfléchie. En effet, avec l’allongement de la durée de vie, il vous faudra mesurer pleinement la portée de votre acte afin d’éviter de vous « dépouiller ». 

En présence de telles interrogations concernant la transmission de votre patrimoine, le recours à un avocat est important afin de satisfaire aux mieux vos attentes et de sécuriser vos démarches. Dans votre intérêt, un avocat vous permettra de définir vos priorités. Ainsi, le cabinet de Schaeffer Avocats Immobilier est parfaitement compétent pour accompagner vos démarches, et ce quelles que soient vos problématiques en matière successorale, immobilière ou sociétale. 

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