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Le renouvellement du bail commercial

Le principe du renouvellement du bail commercial

Le renouvellement d’un bail commercial est un moment important pour le propriétaire (le bailleur) et le locataire d’un local professionnel. 

En général, un bail commercial dure 9 ans, mais à la fin de cette période, il peut être renouvelé.  

Cela signifie que le locataire peut continuer à utiliser le local pour son activité, dans le cadre d’un nouveau contrat.

Sommaire :

I. Le renouvellement du bail commercial : définition et principes généraux

A. Qu’est-ce que le renouvellement ?

Le renouvellement du bail commercial consiste à prolonger le contrat initial arrivé à son terme, pour une nouvelle période. Il ne s’agit pas d’une simple reconduction tacite : le renouvellement doit être formellement acté, par une demande de renouvellement du locataire ou une offre de renouvellement du bailleur, à l’échéance du bail.

Il donne lieu à un nouveau contrat, généralement pour une durée identique (9 ans), sauf stipulation différente.

B. Conditions du renouvellement du bail

Le droit au renouvellement est encadré par l’article L.145-8 du Code de commerce. Le locataire peut demander le renouvellement à condition : d’exploiter un fonds de commerce dans les lieux,

  • d’être immatriculé au Registre du commerce et des sociétés (RCS) ou au répertoire des métiers,
  • d’avoir été titulaire du bail depuis au moins 3 ans (ou ayant droit d’un précédent preneur).

La demande doit être faite dans les 6 mois précédant l’échéance du bail, par acte extrajudiciaire (huissier).

C. Les acteurs concernés : bailleur, locataire, ayants droit

  • Le locataire est le principal acteur : il peut demander le renouvellement ou répondre à une offre du bailleur.
  • Le bailleur peut accepter, refuser (avec indemnité d’éviction), ou proposer un nouveau bail à des conditions différentes.
  • Les ayants droit (héritiers, cessionnaires de fonds de commerce, etc.) peuvent également exercer le droit au renouvellement, sous réserve de remplir les conditions légales.

 

II. Les effets principaux du renouvellement du bail

A. Maintien du droit au bail pour le locataire

Le renouvellement permet au locataire de conserver l’usage du local, dans la continuité de son activité. Ce droit est une protection essentielle, car il garantit la stabilité du fonds de commerce.

En cas de silence du bailleur après une demande régulière de renouvellement, l’acceptation est présumée (article L.145-10 al.2).

B. Refonte des modalités contractuelles ?

Le renouvellement ouvre la voie à la renégociation de certaines clauses (loyer, charges, répartition des travaux, etc.), mais toutes les stipulations du bail initial ne sont pas automatiquement modifiées.

Certaines clauses continuent de s’appliquer par reconduction, sauf modification expresse. Le renouvellement ne signifie donc pas un « reset » complet.

C. Effet sur la durée : un nouveau bail de 9 ans sauf stipulation différente

Par défaut, le bail renouvelé est conclu pour une durée de 9 ans. Toutefois, les parties peuvent convenir d’une durée différente, supérieure ou inférieure, à condition de respecter les exigences légales.

Un bail renouvelé peut ainsi être établi pour une durée ferme (ex : 6 ans ou 12 ans) si les deux parties le souhaitent.

 

III. La question du loyer du bail renouvelé

A. Principe : loyer fixé à la valeur locative

Le loyer du bail renouvelé est déterminé d’un commun accord entre les parties. À défaut, il peut être fixé judiciairement à la valeur locative, en tenant compte : de la situation du local,

  • de la destination des lieux,
  • de la superficie,
  • des prix pratiqués dans le voisinage,
  • des améliorations ou transformations du bien.

B. Les règles du plafonnement et du déplafonnement

Le loyer renouvelé est en principe plafonné, sauf si des circonstances particulières  justifient un déplafonnement, notamment :

  • une modification notable des caractéristiques des locaux,
  • une changement de destination,
  • une transformation importante des lieux ou de leur environnement. Le plafonnement empêche le bailleur d’imposer une hausse de loyer supérieure à celle résultant de l’évolution de l’indice de référence (ILC ou ILAT).

C. La procédure de fixation judiciaire du loyer en cas de désaccord

En cas de désaccord sur le nouveau loyer, la partie la plus diligente peut saisir le  juge des loyers commerciaux (TGI) pour faire trancher le différend. Avant cela, une tentative de conciliation ou de médiation est souvent recommandée.

La procédure est encadrée par les articles L.145-33 à L.145-38 du Code de commerce.

IV. Conséquences pratiques et contentieuses

A. Droit d’éviction en cas de refus de renouvellement

Si le bailleur refuse le renouvellement sans motif grave et légitime, il doit verser au locataire une indemnité d’éviction, destinée à compenser la perte du fonds de commerce.

Cette indemnité peut inclure :

  • la valeur du fonds,
  • les frais de déménagement et de réinstallation,
  • l’éventuelle perte de clientèle.

 

B. Clause d’indexation et incidence sur le nouveau bail

Les clauses d’indexation du loyer peuvent continuer à produire effet après le renouvellement, sauf si elles sont contraires à la réglementation en vigueur. Depuis la loi Pinel, l’indexation doit respecter :

  • un indice légal (ILC ou ILAT),
  • une plafondation à 10 % par an pour certains baux depuis le 1er septembre 2024.

 

C. Réflexes à adopter : conseils au bailleur et au locataire

Pour le bailleur :

  • anticiper les délais (notification de fin de bail ou d’offre de renouvellement), faire évaluer la valeur locative par un professionnel,
  • vérifier la validité des clauses de révision.

Pour le locataire :

  • notifier sa demande de renouvellement au plus tard 6 mois avant la fin du bail,
  • se préparer à négocier le loyer ou les charges,
  • consulter un avocat en cas de menace de non-renouvellement.

V. Actualités jurisprudentielles et évolutions récentes

A. Apports récents de la jurisprudence sur le renouvellement

La jurisprudence a précisé que :

  • une demande imprécise ou incomplète peut être rejetée,
  • l’indemnité d’éviction doit inclure les pertes réelles et prévisibles, un accord tacite peut valoir renouvellement sous conditions.

 

B. Impacts de la réforme du droit des contrats

L’ordonnance de 2016 renforce le rôle de la négociation et de la bonne foi dans les contrats. En matière de renouvellement, cela incite les parties à documenter leurs échanges et à faire preuve de transparence.

 

C. Précisions sur la procédure numérique de notification

Des décrets récents encadrent la notification électronique des congés ou demandes de renouvellement. Elle est désormais admise sous certaines conditions :

  • usage d’une plateforme certifiée ou d’une lettre recommandée électronique (LRE),
  • identification claire des parties.

Ces outils offrent une alternative sécurisée à l’acte d’huissier, tout en respectant la sécurité juridique.

 

VI) Foire aux questions (FAQ)

Le bail peut-il être renouvelé tacitement ?

Oui, si aucune des parties ne se manifeste à l’échéance, le bail se poursuit tacitement dans les mêmes conditions, mais il ne s’agit pas d’un renouvellement au sens juridique strict. Ce maintien dans les lieux peut créer de l’insécurité  juridique.

Le bailleur peut-il imposer un nouveau loyer sans accord ?

Non. À défaut d’accord, le loyer doit être fixé à la valeur locative selon la procédure prévue par le Code de commerce, avec possibilité de recours au juge.

Peut-on renégocier les charges dans le bail renouvelé ?

Oui. Le renouvellement ouvre la possibilité de renégocier certains éléments, dont les charges locatives, à condition que les deux parties soient d’accord. À défaut, les charges initiales

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